- Rêves de Moires -



Bienvenue, Fil dans la trame, toi que la navette des Moires vient de guider en ces lieux où la Toile renoue avec les Dieux anciens et la Magie...





 
Mercredi 6 avril 2005
Livre de Lara Owen "Son Sang est d'Or", Chapitre III


    Lorsque j'avais la vingtaine, je passais beaucoup de temps à étudier la médecine Chinoise, et la découverte que les Chinois avaient une attitude très différente vis à vis des menstruations me stimulait pour remettre en question mes croyances et mes pratiques. J'appris que traditionnellement les Chinois recommandaient le repos durant les menstruations et qu'ils considéraient que la cause de la plupart des problèmes gynécologiques reposait dans un comportement inadapté durant les menstruations, par exemple attraper froid, porter des objets lourds, trop travailler, et manger de la nourriture inappropriée.
    Jusque là je n'avais pas réellement considéré mes règles autrement que comme une nuisance. J'ai été élevée dans l'idée de devoir les souffrir en silence, de faire comme à la normale, et de supprimer mon désir de traîner dans un rêve pendant quelques jours par mois. Je souffrais aussi de fortes crampes, que je traitais habituellement avec des antalgiques, bien que je savais que le repos et une bouillotte les aurait calmées - c'était juste que je ne pouvais pas m'autoriser de repos.
    Mes professeurs Chinois m'encouragèrent à honorer les sensations de mon corps, parce qu'ils avaient un modèle médical qui soutenait l'idée du repos durant les menstruations. C'était merveilleux de découvrir tout un corpus de connaissances médicales et de folklore qui recommandait que je fasse exactement ce que je sentais que je devais faire lorsque j'avais mes règles. Soudainement je découvris qu'il était bien d'être indulgente avec moi-même et de passer le premier jour, ou plus, de mes règles, couchée et d'évoluer dans un environnement confortable et calme, en sirotant du thé chaud aux herbes et permettant à mon corps de se reposer. Alors que j'expérimentais le mieux-être qui commençait à s'installer dans tout mon corps, je réalisais que la période menstruelle est un moment naturel pour les femmes de se reposer, un moment dans chaque mois pendant lequel le corps a besoin d'un temps, quelques heures au moins, de relaxation. En passant outre cette tendance naturelle et en tentant de se fondre dans une organisation de travail dominée par les hommes, j'avais commencé à me rendre malade.
    Commencer à suivre mon corps plutôt que de vouloir le contrôler était un changement majeur. Mais ce n'était pas tout - la découverte que personne ne pensait la même chose sur les menstruations ouvrit ma propre pensée. Je commençais à réaliser qu'il y avait une sagesse inhérente au corps lui-même et que ma propre culture n'avait pas nécessairement une attitude très sage ou très utile envers les processus du corps féminin. Le fait de reconnaître que mon attitude envers les menstruations s'était développée dans le contexte d'une société qui a rabaissé la femme pendant plusieurs milliers d'années était une étape majeure dans le développement de ma compréhension.
Je réalisais que tout le monde à la surface de la terre ne pensait pas que les menstruations étaient un évènement gênant à ignorer, et tout le monde ne pensait pas qu'il est prouvé que les femmes soient inférieures aux hommes.
    Néanmoins, seul le modèle Chinois allait aussi loin. Je n'abordais jamais les questions de pouvoir et de spiritualité, et bien que l'accent mis sur le repos fut très utile, il m'enfermait dans un modèle de pensées qui disait que les menstruations étaient une faiblesse plutôt qu'une force. Ce fut lorsque je tombais sur l'enseignement de la Tradition des Amérindiens quelques années plus tard que je commençais à comprendre que quelque chose de très profond avait lieu pendant que je me reposais et évoluais - ce n'était pas simplement que je reposais un corps fatigué et que je refabriquais les globules rouges perdus.
    Dans la tradition Amérindienne, une femme est considérée comme étant à son maximum de pouvoir, psychique et spirituel, lorsqu'elle a ses menstruations. Se reposer pendant les menstruations est vu dans le contexte où l'attention de la femme se trouve ailleurs - sur les plans spirituels, acquérant la sagesse.
    Les différentes sensations que les femmes ont lorsqu'elles ont leurs menstruations sont comprises comme faisant partie de quelque chose de très positif sur les cycles du corps de la femme. Dans beaucoup de sociétés Amérindiennes, avant que leurs pratiques traditionnelles ne soient supprimées, les femmes allaient dans une tente menstruelle (une loge de la lune) passer le temps de leur saignement.
    La plupart des femmes devaient saigner au même moment, coïncidant habituellement avec la nouvelle lune. Dans Daughters of Copper Woman, Anne Cameron décrit la vie des femmes du peuple Nootka du Pacifique Nord-ouest, et raconte que l'atmosphère dans la loge de la lune était celle d'un jour saint ou d'une fête. Les femmes jouaient à des jeux, parlaient, et se frottaient réciproquement le dos pour faire passer les crampes. Elles s'asseyaient sur un rembourrage de mousse spéciale et elles rendaient ainsi leur sang à la Terre Mère.
    Ce n'était pas seulement une période pour le repos et la relaxation, mais aussi un moment pour acquérir la sagesse spirituelle. Dans le conte de Tem Eyos Ki, une femme vivant à l'époque où les hommes de la tribu commencèrent à dominer les femmes, c'est pendant son isolement durant ses menstruations qu'elle parvient à un éveil. Comme résultat de la sagesse qu'elle trouve dans la loge de la lune (appelée la maison de l'attente par les Nootka), elle émerge après quatre jours et chante une chanson d'une grande beauté et d'un grand amour qui rend la tribu consciente du déséquilibre entre les hommes et les femmes. Cette histoire fait écho à la croyance Cherokee selon laquelle la femme qui a ses menstruations accompli une fonction de purification et d'acquisition de la sagesse qui ne bénéficie pas seulement à la femme elle-même, mais à la tribu toute entière.
    L'un des récits les plus stimulant sur les croyances et les pratiques menstruelles que j'ai lu est celui d'une femme du peuple Yurok de Californie du Nord, paraphrasée par Thomas Buckley :
    "Une femme qui a ses menstruations doit s'isoler car c'est la période où elle est au faîte de ses pouvoirs. Par conséquent cette période ne doit pas être gaspillée dans des tâches courantes et des distractions sociales, de même que sa concentration ne doit pas être brisée par des préoccupations liées au sexe opposé. Mais toute son énergie doit plutôt être appliquée à la méditation concentrée "pour trouver le but de notre vie" et vers "l'accumulation" d'énergie spirituelle. L'abri, ou chambre, menstruel est "comme la tente à sudation des hommes", un endroit où "vous entrez en vous-même et vous vous renforcez". Le sang qui coule sert à "purifier" la femme, la préparant à l'accomplissement spirituel. Une femme doit utiliser un instrument pour se gratter, au lieu de se gratter rêveusement avec ses doigts, comme une aide pour concentrer toute son attention sur son corps en faisant même des actions les plus naturelles et les plus spontanées des gestes pleinement conscients et intentionnels : "vous devez sentir tout votre corps exactement comme il est, et y prêter attention"."

    Il était courant pour la plupart des groupes Amérindiens de tenir des rituels de puberté pour les jeunes femmes, et pour beaucoup, incluant les Apaches, ceux-ci étaient les plus élaborées et les plus appréciées de toutes leurs cérémonies. Les rituels de puberté des Nootka démontrent d'une manière vivante le respect et la révérence qu'ils avaient envers les femmes. Après qu'une fille ait eu ses premières périodes lunaires, une grande fête avait lieu pour elle. Elle devait alors subir un rituel d'endurance, dans lequel elle devait être emmenée loin en mer et laissée seule pour qu'elle rentre par ses propres moyens, à la nage, jusqu'à la terre ferme. En arrivant sur la côte, elle était accueillie par tout le village, et à partir de ce moment elle était reconnue comme une femme et considérée comme prête pour les responsabilités du mariage et des enfants.
    La description de l'entraînement pour ce rite de passage met l'accent à la fois sur la force physique et le développement du caractère. Il était considéré comme important qu'une femme soit capable de démontrer sa capacité à la patience et à la persévérance.
Cet enseignement semble si approprié, et fait tellement défaut dans notre monde moderne. Notre initiation des filles dans la sororité des femmes est superficielle en comparaison - apprendre à mettre du maquillage, porter son premier soutien-gorge, utiliser un tampon pour la première fois. Beaucoup de femmes se marient et deviennent mères sans avoir la moindre notion de leur propre capacité d'endurance, physique ou psychique. On ne se demande plus alors pourquoi tant de filles-femmes choisissent de donner la vie avec l'aide d'anesthésiques et d'une technologie qui leur vole l'expérience de leur propre force. Ce manque de défi et d'endurcissement à la puberté contribue aussi peut être à l'auto-haine qui affecte tant de jeunes femmes et les amènent aux désordres et addictions alimentaires.
    Les rituels de puberté des Pygmées du Congo, décris par Colin Turnbull dans The Forest People, dépeignent aussi une culture possédant une vision positive des femmes et de leur pouvoir. Contrairement aux Pygmées, les villageois Africains des environs voient l'arrivée du premier sang menstruel d'une fille comme un mauvais présage, "quelque chose qu'il vaut mieux cacher, et ne pas en parler en public. La fille est un objet de suspicion, de mépris, de répulsion et de colère." Au contraire, les Pygmées saluent le sang menstruel comme un symbole de vie, et lorsqu'une fille Pygmée a son premier sang, c'est considéré comme un cadeau. Tout le groupe se joint à la fête de puberté appelée elima, et comme Turnbull le remarque, "l'elima est l'une des occasions les plus heureuses et les plus joyeuses de leurs vies."
    L'elima implique tous types d'actions physiques et beaucoup de jeux et de courses dans la forêt, ainsi qu'un entraînement par les femmes plus vieilles dans la maison de l'elima. Les filles apprennent les chansons des femmes et elles chantent fort à travers la forêt, "de telle sorte que tout le monde puisse savoir qu'elles étaient les Bamelima, le peuple de l'elima, les filles qui avaient été bénies par le sang et qui étaient à présent des femmes."
    Turnbull remarque que les Pygmées, contrairement à leurs voisins qui habitent dans les villages, ont une vision bienveillante du monde - ils considèrent la forêt dans laquelle ils vivent comme un endroit qui couvrira tous leurs besoins de nourriture et d'abri, ainsi que leurs besoins de protection spirituelle. Ils sont complètement chez eux dans la forêt, et ils ont une relation d'amour et de respect avec leur environnement. Cela semble être intrinsèquement lié à leur attitude positive vis à vis du féminin.
    Les Yurok et les Nootka avaient aussi de bonnes relations avec leur environnement. Ils y étaient bien adaptés, et l'océan, les rivières et les forêts environnants leur fournissaient amplement leur nourriture. Comme les Pygmées, ils voyaient les menstruations comme une période de pouvoir, et la puberté des filles comme une période de force et de célébration.
Il semble qu'une vision bienveillante du monde soit un prérequis pour une attitude positive envers son propre monde - son propre corps - et plus spécifiquement, envers le corps de la femme, en tant que microcosme d'un corps de femme plus grand, la terre.
    Cela se reflète clairement dans les attitudes de ces deux cultures vis à vis des menstruations. Il est intéressant de remarquer qu'alors que la culture Européano-Occidentale devient plus consciente de la terre et des dégâts écologiques que notre manque de respect pour la terre provoque, la femme devient aussi plus respectée.
    Les croyances et les rituels liés aux menstruations ont fasciné les anthropologues pendant des années, et il y a un corps de recherche grandissant sur le sujet. Si vous êtes intéressé et que vous voulez en savoir plus à propos des différentes cultures et de leurs perspectives sur les menstruations, je recommande fortement le livre Blood Magic, édité par Thomas Buckley et Alma Gottlieb. Il y a aussi de nombreux autres livres mentionnés dans la bibliographie à la fin de ce livre.


Traduction par Morigane, texte en provenance du forum Terra Mater.
Mardi 5 avril 2005
Contrairement à un certain nombre de païens et wiccans, assimilés à une tradition que j'appellerai " fluff bunny " dont je parlerai plus avant dans d'autres messages, je souhaite dire haut et fort en ces lieux, qui me semblent appropriés, que JE N'AI RIEN CONTRE LES CHRETIENS TANT QU'ILS ME FOUTENT LA PAIX. Ni haine, ni rancoeur, rien qu'une indifférence très légèrement teintée de "dommage pour eux" quand je vois quelle conception ils ont du monde et de la vie. Je ne me sens pas particulièrement persécutée au quotidien, ils ne me crachent pas dessus, ils ne m'insultent pas, et ils ont une religion qui leur permet de concevoir un autre monde, des puissances au-dessus d'eux. Bref, ce sont des gens sympas tant qu'ils ne se mettent pas en tête de m'évangéliser. Dans ces cas-là, je confesse que je ne suis pas franchement patiente. Je pense qu'ils ne le seraient pas non plus si je décidais d'ouvrir leur coeur à la voie de la Déesse et du Dieu. Mais les tentatives d'évangélisation n'arrivent pas souvent.

Mea Culpa, j'avoue : j'ai jadis appartenu à la tradition fluff bunny, rendons grâces à la Déesse, j'en suis sortie suffisamment vite pour être récupérable. Les critiques que je profère à l'encontre de cette tradition magique sont donc mûrement réfléchies, et inspirées par l'expérience...


par Ker Elaën-IrEsh Yselore publié dans : Avant toute chose...
Mardi 5 avril 2005
Cette dérive, que j'appelle "tradition" par dérision - mais aussi par dépit car elle touche tant de païens qu'elle en est presque une branche officielle du paganisme... - est née d'une vision de la magie blanche faussée par le monde dans lequel nous vivons.

Qu'est-ce qu'un fluffy bunny ? C'est tout simplement un païen, ou un wiccan, ou un adepte de n'importe quel courant de pensée "blanc" ( oui, les chrétiens aussi peuvent devenir fluffy bunny... ), qui va se mettre à développer des idées aberrantes telles que " le monde est tout amour ", " le but de toute vie est amour ", " Dieu est tolérance et amour ", ou autre généralisations systématiques des sentiments d'amour, de paix, de tolérance et de beauté. Dans la cosmologie fluff bunny, l'univers est une sorte de Disneyland infini, peuplé de Bisounours, de Mickeys et de toutes sortes de créatures douces, gentilles, répandant l'amour et le bien de par la terre, et où la nature n'est qu'un vaste verger calme et verdoyant sous l'égide des Dieux. On doit tout respecter, ne jamais faire de mal, être propre, être immaculé, être toujours "clean". On promeut la vie autant qu'on le peut, parce que la vie c'est merveilleux, et surtout on essaye de convertir le plus de gens possibles à la cause fluff bunny parce que " si tout le monde devient fluff bunny, l'univers sera parfait ". Et surtout, surtout, on ne touche pas à la méchante magie noire parce que la méchante magie noire, c'est mal, c'est pour rendre Disneylant moche et sale, et... ô, dieux, quel horrible mot... dangereux.

Oui mais voilà. La réalité du monde, ce n'est pas ça. La Nature est tout sauf blanche. On tire d'elle notre nourriture, OK. Vous allez au supermarché pour l'acheter. Il y a quelques siècles, il fallait se tuer à la tâche pour trouver de quoi manger. Il y a quelques millénaires, il fallait y aller à l'huile de coude pour tuer soi-même son gibier, récolter soi-même ses légumes et ses fruits. On tire de la nature les beaux jours, le soleil, les plages d'été. L'hiver ? Bah ! Dans la tradition fluff bunny comme dans les autres, on a des maisons, des chauffages, des gros pulls. Seulement il n'y a que dans la tradition fluff bunny qu'on oublie les rigueurs intransigeantes de l'hiver, la neige, la glace, la mort venue du froid, impitoyable pour toute une partie de la gent animale. C'est beau, la neige, certes. C'est féerique, c'est blanc, on peut faire des boules de neige et tout ce qu'on voudra... Mais ça peut tuer. Il ne faut en aucun cas l'oublier.
Qu'est-ce que la nature nous donne encore ? Ah, oui. Entre autres, les Tsunami, les inondations, les tremblements de terre, les tornades, les éruptions volcaniques, les déserts arides, les toundras glacées. Quelle gentillesse, quelle blancheur, quelle douceur que tout cela, me direz-vous ! Ca fait quand même un peu désordre dans Disneyland-le monde...

La vie. Ok, c'est super, c'est merveilleux de vivre, de donner la vie, de faire l'amour, d'avoir des enfants, etc. Et la mort dans tout ça ? Les fluff bunny évitent en général d'y penser, trouvent cela horrible, ou se réfugient derrière des idées telles que " quand on meurt, on retourne à l'amour universel et à la lumière éclatante des Dieux d'amour ". Et bien figurez-vous que la mort peut-être non seulement belle, dans toute sa splendeur pourrissante, mais est aussi et avant tout ESSENTIELLE. Si personne ne mourait, le monde serait surpeuplé et les hommes se marcheraient littéralement dessus tant ils seraient nombreux. Les gens blessés, éventrés, décapités, devraient souffrir et se la fermer, sans jamais pouvoir quitter leur enveloppe charnelle pour se réincarner ailleurs ou simplement aller se reposer de l'autre côté. Certes, quand votre grand-père, votre mère, votre petite soeur meurt, c'est triste. Mais c'est nécessaire, c'est dans l'ordre naturel des choses. Il y a des charognards partout, dans la savane, mais aussi chez les hommes ; les mages noirs, les vrais ( = les nécromants, pas les satanistes, ne confondons pas ce qui n'a rien à voir ), sont les charognards de ce monde. Ils récupèrent les énergies de la mort et les recyclent en servant leurs noirs desseins. Et ils ont souvent bien plus de jugeote et de recul que les fluff bunny qui agissent fréquemment sur des coups de tête, aidant tout le monde et n'importe qui sans réfléchir plus avant aux conséquences ou au bien fondé de cette aide, parce que " le monde est amour, je dois aimer tout le monde ". ( et oui, c'est pas politiquement correct ce que je vais dire, mais certaines personnes MERITENT les saloperies magiques qu'on leur a lancées sur le coin de la figure, et qui sait - hormis les Dieux - c'est peut être leur karma qui s'accomplit par l'intermédiaire du mage qui les a maudits ??? )

Quand à la magie néfaste, pour se venger, faire du mal à autrui, etc... Et bien, elle est aussi nécessaire, car l'excès d'une polarité blanche est aussi impensable dans le monde que l'excès d'une polarité noire, ou neutre. Il faut de tout, pour garder un certain équilibre. Les Dieux ne sont pas tout blancs. Certains prennent un malin plaisir à faire le mal, à tromper autrui, à rire du malheur des autres. Certains passent leur temps à chercher la guerre, le combat, les confrontations, et ne s'expriment jamais en dehors de ce contexte.
Petite remarque, juste comme ça : la magie blanche peut aussi s'avérer une nuisance quand elle est poussée à l'excès. Faire de la magie pour protéger quelqu'un, c'est bien, mais trop, c'est trop. Vouloir inonder quelqu'un de sa lumière et de son amour, c'est chouette, mais ça peut finir par l'étouffer ou le dégoûter...

Qu'ajouter d'autre ? Ah, oui. Le Fluff Bunny parfait a un ennemi héréditaire : le Chrétien. Un bon fluff bunny passera le plus clair de son temps à accuser le chrétien de tous ses maux et se sentira la victime de persécutions diverses et variées de sa part. Vous entendrez souvent les fluff bunny anglophones dire " Never again the burning times !" en gros, " Jamais plus de bûchers ! " en référence aux persécutions dont ils se sentent la cible, et à la période de l'Inquisition, où rappelons-le, les trois quarts des victimes n'étaient sans doute sorciers que comme moi je suis le Pape. Les Dieux soient loués, cette expression fondamentaliste fluff bunny complètement idiote n'a généralement pas cours en France.

Moralité : à bas les fluff bunny, vive les gens sensés et réalistes qui révèrent autant les côtés malfaisants de la nature que ceux, bienfaisants, qui sautent aux yeux de nos jours. Vive les sorciers qui honorent la Lune Noire comme ils honorent la Pleine Lune. Vive ceux qui savent se montrer gentils sans tomber dans la bêtise, et qui savent abattre le couperet quand il le faut, sans pour autant devenir des idiots chroniques imbus de leur pouvoir de destruction.


Voilà le site officiel ( en anglais ) de la Fluffy Bunny Trad. Bonne visite...

http://www.fluffbunnytrad.com/
par Ker Elaën-IrEsh Yselore publié dans : Articles Divers
Mardi 5 avril 2005
Je suis "à peu près wiccane". Ni gardnérienne, ni alexandrienne, disciple de tout le monde et de personne en particulier. Peut-être pourrait on me qualifier de "pratiquante de Chaos Wicca". Je ne sais et peu me chaut...

J'ai été blessée à de nombreuses reprises par la magie blanche, qui pourtant partait à chaque fois de très bons sentiments ( comme toujours ). Profondément déçue par la lumière, j'ai été faire un tour dans mon ombre intérieure, que je réprimais depuis toujours parce que "c'est pas bien" ( n'oubliez pas que j'ai été disciple un temps de la fluff bunny tradition ), et je m'y suis sentie bien, au chaud, de nouveau moi-même. J'ai appris davantage sur moi en quelques mois d'ombres qu'en des années de lumière intense aspirant à se répandre partout.

Pour finir, je me retrouve neutre à tendance noire, et chaotique au possible, et c'est très bien comme ça. Vous suivez toujours ? ;)

Peu importe mon "alignement" et la clarté dans laquelle j'évolue, je ne suis pas fondamentalement mauvaise ni bonne, je suis juste moi, et ça me suffit. Ma tradition personnelle est consignée dans mon livre des ombres, et elle englobe aussi bien les aspects sombres de la déesse et du dieu que les plus clairs et les plus bienfaisants. Je fais mien ce qui parle à mon coeur, j'écarte le reste dont d'autres sauront sans doute faire bon usage...
par Ker Elaën-IrEsh Yselore publié dans : Avant toute chose...
Mardi 5 avril 2005
Ceci est l'histoire d'un Poisson.

Ce Poisson est né dans l'eau, y a passé toute sa jeune existence, et a religieusement écouté ses parents et tous les poissons adultes de son entourage quand ils lui expliquaient que "Le Monde est Bocal et le Bocal est le Monde ". "Tu es dans un contenant fermé, mon fils ", disait son père. " En dehors des limites du bocal, il n'y a rien ", disait sa mère. " Et ceux qui pensent le contraire sont bons à être relégués dans le coin-du-bocal-d'où-on-ne-sort-pas et à être surveillés de façon à ce qu'ils ne mettent pas trop le bazar en diffusant leurs idées étranges ", disaient les autres poissons en acquiesçant et en se congratulant les uns les autres.

Notre petit Poisson écoute tout ça, se rend compte par lui-même en cheminant de ci de là qu'effectivement, donner de la tête dans les parois de l'aquarium à toute vitesse, ça fait mal. Et il décide que finalement, cheminer ne sert à rien. " On n'a qu'une vie ! " clame-t-il. Et il se cloître dans un buisson, monte happer quelques daphnies quand ça tombe du ciel tout seul, prend femme, fait autant de petits poissons qu'un patriarche biblique pourrait en souhaiter, et devient un vieux poisson con.

L'un de ses enfants naît avec quelques bizarreries. Il est doté d'une grande curiosité plutôt inconvenante, et peut-être de quelques neurones étranges que les autres poissons n'ont pas. Celui-ci apprend très vite à observer ce qui se passe au-delà des parois de l'aquarium. Il distingue derrière des formes, c'est flou, c'est mouvant, parfois c'est loin, parfois c'est tout près ; parfois encore il n'y a rien du tout, et puis l'instant d'après il y a foule... Il ne comprend pas trop, et pire encore, manque de faire une crise cardiaque à chaque fois qu'il se passe quelque chose. Donc il passe sa vie à se terrer dans les coins obscurs du bocal, et à sursauterdès qu'une ombre se profile à l'horizon.

Le vieux poisson con qu'est devenu son père le prend en flagrant délit d'interaction avec "rien du tout" et soupçonne bien qu'il y a baleine sous caillou. Il sévit, fait la morale au jeune poisson, l'appelle " la honte de la famille " et lui faitcomprendre clairement que s'il n'adopte pas tout de suite un comportement convenable - c'est à dire normal -, il sera relégué dans le-coin-du-bocal-d'où-on-ne-sort-pas. Le jeune poisson sent les ronds dans l'eau du caillou qui ricoche passer tout près de ses ouïes, et décide qu'il vaut mieux faire comme si de rien n'était, ignorer ce qui se passe de l'autre côté et se mettre des oeillères s'il veut continuer à vivre en bonne intelligence avec la société. Il se traite lui-même de fou et se range, n'approche plus jamais les bords de l'aquarium, prend femme, fait des petits poissons et devient un vieux poisson très con, peut-être encore plus que son père, et aigri, en plus. Il répète jour après jour à sa progéniture que " le monde est bocal et le bocal est monde ", et qu'il ne saurait en être autrement.

Deux génération se passent sans que rien ne vienne troubler l'eau.

Puis, un poisson naît avec les mêmes bizarreries que son aïeul. Celui-ci a moins peur, il traîne souvent ducôté des parois du bocal. Et il comprend vaguement que ce qu'il y a dehors est content d'avoir été remarqué par lui, que les choses de l'extérieur essayent d'intéragir avec lui, de communiquer. Il fait peu à peu la relation avec les daphnies qui tombent du ciel, et se dit que peut-être cet étrange phénomène n'arrive pas tout seul... Un jour, il monte à la surface, et pendant que lesautres poissons se battent pour happer quelques daphnies et engraisser davantage, il regarde attentivement. Et là, bingo ! Il voit la main d'une chose du dehors, en flagrant délit de versage de paillettes ! Tout content de lui, il saute hors de l'eau, replonge, et la main descend à la surface où il se laisse gratouiller, sensation nouvelle et ô combien agréable...

Tout fier, transfiguré, le poisson redescend à toute vitesse au fond du bocal où il répand partout la bonne parole. "J'ai été touché par la grâce ! " dit-il, "et la Main qui Nourrit à crée le poisson, l'eau, le bocal et les choses du dehors afin d'être vénérée pour les siècles des siècles ! " Ce discours laisse indifférent certains poissons, en irrite d'autres, mais fait aussi des émules qui deviennent les disciples du poisson et se pavanent avec lui d'un bout à l'autre de l'aquarium en récitant des hymnes en l'honneur de la Grande Main.

Ils se pavanent tellement qu'ils en oublient de manger, de rêver et de faire des petits. Ils maigrissent et ne rient plus jamais. Et le poisson prophète ne remonte jamais à la surface pour revivre l'expérience magique tant il est imbu de son propre devoir de conversion d'un maximum de poissons à la foi nouvelle. Il finit par mourir étouffé par sa propre importance, et ses disciples mangent son corps selon ses propres instructions, espérant vivre la communion avec l'au-delà du bocal par procuration.

Beaucoup de temps a passé lorsqu'un nouveau poisson naît, doté de ces inconvenantes facultés de perception de l'au-delà de la paroi du bocal. Celui-ci n'a franchement pas peur, et son tempérament rebelle le pousse à rejeter la foi de la Main qui nourrit et à vivre par lui-même l'expérience du contact avec les êtres de l'au-delà. Il y prend goût, cela devient presque une habitude. Il va souvent les voir, se laisse gratouiller et fait des bulles pour leur faire plaisir. Jusqu'au jour où il rencontre une très petite et très mal élevée chose du dehors qui le prend dans sa main, le trimballe dans toute la maison et le laisse mourir sur le tapis dans d'atroces souffrances, ce qui la fait beaucoup rire. Et les poissons cons de dire " Ah, on vous l'avait bien dit que ça ne valait rien de s'intéresser à des choses qui n'existent même pas, regardez, il a disparu. Il s'est sûrement suicidé, c'est le malaise des jeunes d'aujourd'hui, que voulez-vous ma brave dame, et vous saviez que mon beau père a eu la grippe ? ". Les disciples de la Grande Main, eux, en arrivent à la conclusion que le poisson mort est tombé sur l'Ennemi de la Grande Main, celui qui ne vit que pour faire n'importe quoi, et appellent à l'union des fidèles contre le Grand Méchant Pas Beau. Ils en profitent pour répandre partout l'idée " qu'en dehors de leur communion à eux, point de salut, point de vérité. Tout le reste est faux, illusions créees par le Grand Méchant ".

Puis, un autre poisson, un autre, et un autre encore, naissent et fricotent avec les choses de l'au-delà, avec plus ou moins de bonheur, avec plus ou moins de facilité. Et pour finir, l'une des choses du dehors donne à l'un d'entre eux un minuscule pot de rillettes, à la mesure d'un poisson, et lui dit de le partager avec ceux qu'il en jugera dignes... Et il lui confie mystérieusement qu'un jour, l'aquarium s'assèchera, et que le poisson devra apprendre à marcher hors de l'eau s'il veut survivre. Et d'ailleurs, il ajoute que cela était courant,autrefois... Qu'il fut un temps où les poissons marchaient librement dans et hors de l'eau, mais que tout le monde ou presque l'a oublié...

La suite, mes amis, est une toute autre histoire...

par Ker Elaën-IrEsh Yselore publié dans : Les Bases de la pratique magique
 
 
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